Arbres sacrés christianisés

 ARBRES SACRÉS CHRISTIANISÉS
Le Culte Païen des arbres

Le culte de l'arbre a une très ancienne origine et se retrouve chez de nombreuses populations primitives et dans les civilisations du monde entier.

Aussi ancien que le culte des pierres et des eaux, le culte des arbres était pratiqué par nos ancêtres, et cela nous est confirmé par le poète latin Lucrèce qui vivait près d'un siècle avant l'ére chrétienne et qui écrivait " Nos premiers aïeux habitaient les bois, les anfractuosités des montagnes et les forêts pour se soustraire au fouet des vents et de la pluie.... en ces temps ou la force de la végétation ne laisse à l'homme qu'une existence chétive et misérable.... les hommes vénèrent son aspect lugubre, son silence, la majesté de ses arbres, leur longue vie....à cette adoration se mêlent des sentiments de crainte, d'utilité et par suite de recueillement, de piété. "

Camille Julian dit " Les Ligures imitaient leurs ancêtres, ils vénéraient les arbres les plus puissants de leur pays... les hêtres et les chênes... et peut être le hêtre fut-il l'objet d'un culte plus intense".

Les Perses vénéraient le dattier et l'olivier, ils couvraient les platanes de clous, de loques et d'ex-voto; ils allumaient des cierges et brûlaient de l'encens au pied des cyprès.

Les Hindous adoraient le Palmier, leurs textes font mentions d'Arbres sacrés, Arbres des démons, Arbres de Dieu, Arbres de Bouddha, Arbres de la connaissance...

En Grèce, la vénération des arbres était liée au culte des Dieux et des Héros : l'Olivier de Minerve, le Laurier d'Apollon, la Myrte de Vénus, le Pin de Bacchus, le Frêne de Mars, et le Chêne de Zeus.

Les sanctuaires primitifs d'Israël sont établis autour d'une pierre divine, d'une source ou d'un arbre sacré.

Les Ligures et les Celtes vénéraient principalement les chênes et les hêtres, pour les peuplades scandinaves le chêne personnifiait leur Dieu Thor, ce culte fut adopté par les Romains, qui identifièrent les dieux gaulois avec leurs propres dieux, et comme le dit Maurice Crampon " Odin-Wodan devint Mercure, Freya devint Vénus, et Thor le dieu de la Trinité païenne devint Jupiter et le chêne sacré de Thor devint le chêne sacré de Jupiter"

 

Le Culte chrétien des arbres

Quand l'Empire Romain se convertit au christianisme, au IV siècle, tous les arbres étaient sacrés et divers conciles, ceux d'Arles, d'Orléans, de Tours, de Nantes entre autres condamnent " ceux qui adoreront les arbres, les fontaines et les pierres. Ils se rendront coupables devant Dieu...les pasteurs devront chasser de l'église quiconque ira porter des voeux aux pierres, aux arbres, aux fontaines..." ailleurs il est dit " Défense d'observer les superstitions païennes sous peine de quinze sols d'amende" Trente articles sont consacrés aux sacrifices dans les bois, sur les pierres, et aux fontaines.

En 598, le Pape St Grégoire écrivait à la reine Brunehaut : … « Empêchez le culte des arbres et des idoles, de même que les sacrifices d’animaux. N’est-il pas affreux d’entendre dire que plusieurs Chrétiens vont aux églises sans renoncer au culte des démons… »

Les prédicateurs chrétiens abatirent ou coupèrent les arbres vénérés, comme Saint Boniface devant les Saxons à Geismar, et au XIi siècle Saint Bernard de Clairvaux dit-on, faisait encore abattre des arbres sacrés païens lors de ses voyages.

Cependant comme le dira Saint Augustin " Il en est des bois sacrés, comme des gentils; on n'extermine pas ces derniers, on les convertit, on les change; de même on ne coupe pas les bois sacrés, on les consacre à Jésus-Christ"

Alors nous dit Crampon, l'impulsion était donnée " L'oeuvre de christianisation commencée sporadiquement par les premiers apôtres, au temps de la Rome païenne, était désormais consacrée officiellement par les princes de l'Eglise; elle allait être continuée avec ardeur par les pasteurs zélés. Ils substituèrent aux arbres et aux pierres sacrées des croix et de petites chapelles; ils placèrent des reliques dans les troncs vénérés, ils accrochèrent des niches de la Vierge sur les écorces effritées par le temps, ils entaillèrent des croix sur les plus gros végétaux"

C'est là l'origine des arbres avec des statues de la Vierge dans les troncs, ou dans des niches accrochées aux troncs de ceux-ci.

Ci-dessous, exemple d'arbres sacrés christianisés :

 CHÊNE DE SAINT VINCENT

Situé dans le département des Landes, ou se rencontrent aussi de nombreuses Fontaines Sacrées, cet arbre vénérable, vestige de la forêt primitive, est situé devant la maison natale de Saint Vincent-de-Paul (1581-1660),aumônier des galères royales.

Victime de la foudre en 1868, il fut amputé d'une partie de son tronc; ses mensurations sont de 30 mètres de hauteur environ pour une circonférence de 3,75 mètres.

    N.D. DE BON SECOURS

St Germain-en-Laye (78)
La niche fixée au tronc d’un chêne, commémore la bataille de Lépante. Elle abrite actuellement une statue placée en 1957, qui remplace une des nombreuses statues qui se succèdent fort souvent dans ces petites niches.


      CHÊNE DE LA VIERGE
Situé en Seine-Maritime dans la région boisée d'Elbeuf. On estime son âge à 500 ans, sa circonférence à 1 m du sol est de 4,50 m environ.


      CHÊNE NOTRE DAME
Situé à la Chapelle-Caro dans le Morbihan, il renferme une statuette de terre-cuite dans une anfractuosité de son tronc.


       CHÊNE DES SUEDOIS
Situé dans la forêt de Bitcle (57) il fut témoin de la guerre de Trente ans, au cours de laquelle les troupes suédoises s'en servirent de gibet.

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ORATOIRES ET NICHES D'ARBRES
 DANS LES FORÊTS DU JURA

L'abbé Eugène Bouchey (1828-1888) dans le "Le Charbonnier dans les Bois" publié à titre posthume en 1969, nous raconte la vie qui fut aussi la sienne, des charbonniers qui exploitèrent les forêts du Jura pour l'approvisionnement des fonderies et verreries qui utilisaient d'énormes quantités de charbon de bois. En 1994, l'association des villages de la forêt de Chaux, désirant rendre hommage à cette corporation, décida d'ériger sur l'emplacement d'un ancien oratoire détruit lors de la Révolution en 1790, un nouvel oratoire, dédié au Saint Patron de cette corporation vieille de huit siècles. Situé sur le territoire de la commune d'Our, il se présente sous la forme d'une meule de charbon de bois, d'un diamètre de 4,20 m à la base et de 2,20 m à la toiture. La charpente tronconique est couverte avec des "tavaillons" d'épicéa traditionnels; le sommet est surmonté d'un épi de cuivre en forme de flamme.

CHÊNE DE LA ROYALE-GERMIGNEY (1852)

LA LEGENDE DE SAINT THIBAUD

Thibaud de Provins, fils du Comte Arnoul de Champagne, vécut en ermite dans la forêt de Pettingen, au Luxembourg et devint par la suite évêque de Gubbio en Ombrie.

A sa mort en 1066, son fidèle serviteur, après avoir prélevé un pouce sur le corps de son maître, dissimula cette relique dans son bâton de voyage et parvint en Alsace.

Une nuit il s'endormit dans un bois de sapins, ayant fiché son bâton en terre. Au matin il essaya de l'arracher du sol sans pouvoir y pervenir; en même tempstrois lumières apparurent au dessus de trois sapins; le châtelain d'Egelbourg les vit de son château, accourut et décida d'élever une chapelle sur le lieu du miracle, aussitôt le bâton quitta la terre sans difficulté.

Dans la forêt de Thann (dont le nom signifie sapin) trois Arbres Sacrés symbolisent ce miracle. 

FORÊT DE CHAUX
Commune de Belmont
CHÊNE DE LA VIERGE

FORÊT DE CHAUX
Commune d'Etrepigney
CHÊNE DE LA VIERGE


FORÊT DE CHAUX
Commune d'Our
ORATOIRE St THIBAUD
 

SAINT THIBAUD
Patron des charbonniers
 

          ORATOIRES ET NICHES D'ARBRES EN HAUTE SAÔNE

En dehors de quelques beaux oratoires classiques construits en pierre de taille, ce département est particulièrement riche en calvaires et croix de pierre sculptées qui pour un grand nombre d'entre elles possèdent la particularité de posséder une petite niche, hélas souvent vide, accolée contre le fput de la croix. Ne nombreux oratoires en ^pierre de taille se présentent sous la forme de simple poteaux terminés par une niche creusée dans la partie supérieure de leur fût monolithe.

De conception similaire, on y rencontre quelques oratoires rustiques constitués d'un simple poteau de bois évidé à sa partie supérieure pour former une petite niche surmontée d'un toit à deux pentes.

CHÊNE DE LA VIERGE (Incendié) à RIOZ      

 

ORATOIRE NOTRE DAME
à LA BRUYERE

Au pied d'un vieil arbre,
Inscription :  AVE MARIA

ORATOIRE NOTRE DAME
à TERNUAY-MELAY
Sous la niche, date 1990

CINTREY
Oratoire Notre Dame

FONDREMAND
Oratoire Notre Dame

VALLEROIS-Le-BOIS
Oratoire Notre Dame

MAGNY-les-USSEY
Le Chêne Béni

ORATOIRES,ARBRES SACRES et NICHES D'ARBRES
DANS LE DOUBS

Le département du Doubs possède dans ses forêts une vingtaine d'Arbres Sacrés ou de Niches d'Arbres. On trouve ainsi 7 épicéas dont - dédiés à Notre Dame : Cernay, Evillers, Le Mémont, longeville-Montd'Or, Orchamps et Saint-Point-au-Lac; Le septième étant dédié à St Joseph. Viennent ensuite 6 sapins dont quatre sont dédiés à la Vierge. A Grand-Combe-Chateleu, c'est un "Sapin-Président" de 42 mètres de haut et de 4,50 m de circonférence au niveau des deux cicatrices qui marquent l'emplacement des niches succé ssives qui se sont refermées au cours des ans. La commune de Sombacour possède pour sa part 2 tilleuls et 4 sapins sacrés, 3 chênes, 2 hêtres, et un frêne terminent cette liste.

GRAND-COMBE-CHATELEU

L'oratoire Notre Dame mérite une mention spéciale; en effet il réunit les trois éléments faisant l'objet des Cultes Païens : L'Arbre, La Pierre et l'Eau.

Dans un muret de pierres sèches est encastré la base d'un arbre tronçonné, percé d'un tuyau par lequel l'esu d'une source s'écoule dans le bac de l'abreuvoir situé à son pied. Au dessus s'élève l'oratoire fait d'un tronc creusé d'une niche en plein cintre. Le sommet est fourchu, il est recouvert d'un toit à deux pentes en chutes d'équarrissage de scierrie (Dosses)

LES TERRES DE CHAUX
CHÊNE ORATOIRE

Sainte Anne et Notre Dame
Une rustique caissette en bois clouée sur le tronc du chêne abrite les deux statuettes.

CERNAY-L'EGLISE
Oratoire Notre Dame
Sur la route de Trévillers.
Dans le tronc d'un épicéa une niche haute de 25 cm abrite une statuette de ND de Lourdes protégée par deux barreaux

ORCHAMPS-VENNES
Notre Dame de la Route
Au lieu dit La Gypserie. Grande niche ne bois, haute de 95 Cm, fixée sur le tronc d'un épicéa et contenant une statue en pierre de la Vierge à l'Enfant.

ARBRE ORATOIRE
SAINT JOSEPH

Sur le tronc d'un épicéa isolé une niche en bois avec une porte grillagée abrite une statue du Saint.

 

Texte Jean Dieudé, d'après Paul Dieudé, Photos Paul Dieudé

Pour plus d'informations :" Les oratoires dans le Doubs" par Paul Dieudé..



LE SENTIER DES ORATOIRES EN FORÊT 
DE St GERMAIN-EN-LAYE (78)

 
Très connue des habitants de la région parisienne pour son charme, sa Fête des Loges, et son parcours sportif, la forêt de Saint-Germain-en-Laye recèle aussi un sentier des oratoires très fréquenté.
Les oratoires de ce secteur ont été décrits dans l’ouvrage de Pierre Irigoin "Les Oratoires de France depuis les origines", publié en 1997 et que nous avons réédité en 2007.
 
Créé en 1978, à l"initiative de l’Association des Amis de le Forêt de Saint-Germain et de Marly, ce sentier permet de découvrir, sur un parcours de 18 kilomètres, quatre croix et sept oratoires, tous témoins du passé de la forêt. La première partie du sentier constitue une boucle de 13 kilomètres sur laquelle sont situés les sept oratoires et deux croix ; la seconde partie, qui fait une boucle de 5 kilomètres, permet de visiter trois anciennes croix. A l’exception de celui de Saint-Fiacre, tous ces oratoires, sont constitués de niches en bois, vitrées, fixées en hauteur sur le tronc de grands chênes.
 
Le départ du sentier est situé sur le parc de stationnement de la piscine, à l’étoile des 9 routes, proche du terminus RER. Il est balisé de croix de couleur bleue sur fond blanc fixées sur les tronc d’arbres ou sur des piquets.
CHÊNE DES ANGLAIS
D’une origine ancienne, la niche qui se trouve sur un chêne à proximité de la terrasse du château et de la route des Mares (parcelle204 de la forêt) abrite une statue de la Vierge à l’Enfant, connue sous le nom de NOTRE-DAME des ANGLAIS. Selon la tradition verbale Jacques II Stuart, roi d’Angleterre, exilé en 1668 au château de Saint-Germain où il mourut en 1701, aimait prier devant une statue de la Vierge, placée sur un chêne près de la terrasse. L’arbre et la statue ont bien sur changé, la tradition survit et la dévotion demeure.
 
En septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, cette Vierge fut l’objet de ferventes prières et supplications pour demander l’arrêt des armées allemandes qui menaçaient Paris. Une plaque commémorative de la Victoire de la Marne, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, à été placée sous la niche en gage de reconnaissance.
ORATOIRE SAINTE-GENEVIEVE
La sainte Patronne de Paris avait aussi son chêne sacré, à environ 1 kilomètre du château dans la partie de la grande forêt appelée l’allée des Loges. Une niche fixée au tronc de l’arbre abritait une statue de la Sainte avec au-dessous l’inscription "Sainte-Geneviève. Priez pour nous" L’arbre étant mort en 2005, une étude est en cours avec l’ONF pour replacer cette niche sur un autre chêne.
NOTRE-DAME DE BON-SECOURS
 
La niche dédiée à Notre-Dame de Bon Secours, fixée au tronc d’un chêne, commémore la bataille de Lépante. Elle abrite actuellement une statue placée en 1957, qui remplace une des nombreuses statues qui se succèdent fort souvent dans ces petites niches ; celle-ci serait inspirée de la Vierge vénérée à Nancy, depuis 1505, dans la chapelle des Ducs de Lorraine. La Vierge abrite ici deux petits personnages sous les plis de son manteau, alors que la statue de Nancy abrite sous son vaste manteau une foule de fidèles, clercs et laïcs agenouillés à ses pieds.
D’après Roger Berton dans son ouvrage sur la forêt de Saint-Germain, l’image primitive, plusieurs fois remplacée, remonterait vraisemblablement à l’époque de Louis XV qui fit exécuter de nombreux travaux dans la forêt ; La Reine Marie Leczinska, fille de Stanislas roi de Pologne et duc de Lorraine, serait à l’origine de cette dédicace.
 
LA VIERGE DES POLONAIS
 
La légende fait remonter l’origine de cet oratoire dédié à Notre-Dame de Czestochowska à Clémentine Sobieska, épouse de Jacques III Stuart, qui venait y prier ! (sauf qu’elle n’est jamais venue en France). L’ancien oratoire fixé au tronc d’un chêne a disparu au début du XXème siècle.
 
En 1981, un nouvel oratoire fût fixé sur le tronc d’un chêne avec le concours d’associations, de l’ONF, de la municipalité, et de la Mission Polonaise de Paris. Il renfermait une icône de la Vierge noire, bénie par le pape Jean-Paul II. En 1997, la chute d’un arbre fit tomber l’oratoire qui fut reposé en avril 1999.La tempête de 1999 ayant arrachée le chêne, la niche fut fixée sur l’arbre actuel en 2002. L’icône bénie disparue en 2007 fut remplacée l’année suivante.
LA CROIX PUCELLE
 
C’est la plus ancienne croix de la forêt de Saint-Germain, elle porte la date de 1456, année de la réhabilitation de Jehanne d’Arc. Elle aurait été érigée par Jean Dunois, le Bâtard d’Orléans, compagnon de Jehanne et alors gouverneur de St Germain, pour répondre à une sentence d’absolution qui ordonnait "Des croix devront être plantées en souvenance de la Pucelle".
 
Renversée en 1793, redressée en 1850 ; elle à connu le 13 mai 1956 une cérémonie religieuse pour commémorer le 500ème anniversaire de la réhabilitation de la Pucelle.
ORATOIRE SAINT-FIACRE
 
L’ancien oratoire Saint-Fiacre placé sur un chêne ayant disparu fut remplacé en 1957 par un nouvel oratoire situé sur l’esplanade des Loges, à proximité de la Maison d’Education de la Légion d’Honneur. Construit en ciment, contre le mur d’un transformateur, il contient une statue qui serait due au talent de Georges Libault, dessinateur des années 1950-1960.
 
 
 Il existait aux Loges, une église dédiée à Saint-Fiacre où la reine Anne d’Autriche fit un pèlerinage pour avoir un fils.
 
 
Un Pèlerinage avait lieu tous les ans ainsi qu’une procession qui est à l’origine de la très païenne Fête des Loges d’aujourd’hui.
ORATOIRE SAINTE-ANNE
 
Poursuivant notre promenade dans la forêt nous trouvons au lieu-dit "Etoile Sainte-Anne", situé au point de rencontre de six chemins, le chêne où fut placée par Anne d’Autriche la statue de sa Sainte patronne qu’elle voulait ainsi honorer.
 
Cette statue disparut sous la Révolution et fut remplacée à plusieurs reprises ; actuellement, on y voit une Sainte-Anne en faïence de Quimper représentant la Sainte debout ayant auprès d’elle la Vierge à l’Enfant, remplaçant celle qui avait été mise au début du XXème siècle par une poétesse locale, Bertille Ségalas, pour rendre hommage à la Sainte patronne de sa mère Anaïs Ségalas.
 
Ce fut durant de longues années un lieu de pèlerinage d’artistes et de poètes organisé par la poétesse.
ORATOIRE SAINT-JOSEPH
 
C’est au lieu-dit "Etoile de Saint-Joseph", en bordure du chemin vicinal de St Germain à Achères (parcelle 159), que se trouve le chêne contre lequel est fixée la niche en bois abritant une statue de Saint-Joseph ; statue sculptée dans le bois par Delbart et mise en place en 1957, en présence des "Demoiselles de la Légion d’ Honneur" dont l’établissement est à peu de distance ; cette statue en remplace une plus ancienne vénérée depuis de longues années par les promeneurs.
Hors du sentier balisé, se trouvait l’oratoire de L’IMMACULEE-CONCEPTION, dont la niche en bois abritait une belle statue de l’Immaculée-Conception, fixée sur le tronc d’un grand marronnier qui se trouve à la fourche de l’Avenue des Loges et du chemin de Carrières, proche du parc du château.
DISPARITIONS
 
L’oratoire Notre-Dame de la Salette, signalé par Pierre Irigoin en bordure de la route de la Mare d’Ayen était situé en face de l’établissement des religieuses de l’Immaculée-Conception.
La Croix de Montchevreuil, érigée en 1690 en l’honneur du marquis de Montchevreuil, gouverneur de St Germain, qui fit améliorer les routes de la forêt, a aussi disparu. ainsi que la Croix de Saint-Louis, érigée en 1640 par Louis XIII.
La Croix du Maine, érigée en 1709 sur ordre de Louis XV, qui était portée par une belle colonne cannelée s’est écroulée en 1954.
La Croix de Beaumont, qui rappelait l’assassinat du Sieur de Beaumont, Capitaine des Chasses et Maître de la Forêt a aussi disparu.

Retrouvez les Arbres sacrés et les Niches d'arbres sur la Base de Données WWW.oratoires.com à la rubrique Recherche  "Arbre sacré & Niche d'arbre"

Texte Francis Libaud, photos Brigitte Hüe
Le 16 novembre 2009




 

LES ARBRES À LOQUES

Des coutumes païennes christianisées très ambigües !
 
Le pouvoir sacré des arbres
 
Ces dévotions peu banales, sont assez répandues en Picardie, Hainault et Wallonie, Angleterre, Pays de Galles, Irlande, comme aussi en d’autres régions, mêlant le culte chrétien avec les adorations païennes qui l’ont précédé. On retrouve en effet le recours des affligés aux divinités naturelles, comme l’était le chêne chez les Gaulois et les peuplades germaniques et scandinaves.
 
Ce culte de l’arbre, pratiqué dans les forêts et les campagnes a continué longtemps, malgré les interdictions de l’Eglise, à tel point que ne pouvant éradiquer ce culte, l’Eglise s’est résolue à christianiser ces arbres soit en plantant une croix à son pied, soit en accrochant une niche à son tronc abritant généralement une statue de la Vierge ou bien d’un saint.
 
La gravure ci-contre illustre parfaitement ce culte très ancien, on y voit un malade couché sur une civière que ses proches ont amené au pied de l’arbre sacré pour implorer sa guérison.
Un culte toujours vivant : l’Arbre à loques
 
Ces croyances en ce pouvoir divin des arbres existent encore aujourd’hui, sous la forme de croyances obscures qui relèvent de la superstition, par les Arbres à Loques, les Arbres à Chaussures, et les Arbres à Clous. Ces vieilles croyances disent qu’en enfonçant des clous dans le tronc de l’arbre on lui transmet le mal dont on souffre en lui faisant mal, de même la loque est le vêtement qui sur le corps du malade est en contact avec le mal et si l’on attache ce tissu à l’arbre, celui-ci décharge le malade de sa maladie, quand à l’arbre à chaussures la tradition dit que les mères y accrochent les chaussures de leur petit enfant qui tarde à marcher.
En plus des arbres, on trouve aussi des Sources ou des Fontaines à loques, et même des chapelles à loques.
 
 
"L’friprie d’Saint-Gleude" à Sénarpont (80)
 
Au bord de la route dans la forêt, en roulant un peu vite on voit une décharge sauvage. Non ce n’est pas une décharge sauvage, mais un "Arbre à Loques" c’est à dire un sanctuaire un peu particulier, l’oratoire et l’arbre à loques de Saint-Claude.
Au XVème siècle, une épidémie de peste s’est arrêtée à ce lieu précis où existait déjà un oratoire dédié à Saint-Claude. La ferveur populaire y a vu un signe et cet endroit est devenu sacré, ainsi que l’arbre tout proche. Mais l’on pense qu’en fait l’arbre était présent bien avant l’oratoire et que celui-ci fût construit afin de détourner les dévots de la survivance des cultes celtes des arbres.
L’oratoire fût détruit à la Révolution, puis l’arbre fût tronçonné et brûlé par des vandales en 1992, reste le moignon et les nouvelles pousses, suffisants pour continuer à attirer les superstitieux, un nouvel oratoire à été construit récemment, abritant une statue de Saint-Claude, deux statues de la Vierge, des Ex-votos, etc.
Saint-Claude est réputé guérir les maladies de la peau comme les furoncles et les bubons, et aussi la claudication donc les boiteux, les claudiquant, localement les "gleudiquants", d’ou Saint Gleude !
 
L’oratoire et les arbres à loques l’hiver Saint-Claude dans son oratoire
L’oratoire et les arbres à loques l’été Ce qui reste de l’arbre sacré
Ces photos se passent de commentaires : un aspect de décharge sauvage !
 
Nous remercions Georges Charles pour nous avoir prêté ces photos, extraites de son site : www.tao-yin.com
Voyez la fiche de la Base de Données : www.oratoires.co

Les Rag Trees de Grande-Bretagne et d'Irlande
 
 Excellente définition et illustration donnée par un blog Irlandais : www.dochara.com

"Usually the rags are placed there by people who believe that if a piece of clothing from someone who is ill, or has a problem of any kind, is hung from the tree the problem or illness will disappear as the rag rots away. Sometimes the rag represents a wish or aspiration which will come to pass as the rag rots.Sometimes the trees are so loaded with rags that the leaves are pretty much invisible and the odd tree has even been killed by a particularly heavy load. Undettered people continue to hang rags, now from a fence or wall where the tree used to stand."

Rag-trees, arbres à loques en français, sont une pratique d'origine païenne, celte sans doute, très répandue en Angleterre, en Ecosse et surtout en Irlande. Elle est assimilée là-bas à une superstition, et est pratiquée pour les mêmes raisons qu'en France, de demande de guérison àdressée à l'Arbre Sacré.
 
Pour plus d'informations en anglais :

Call to British and irish visitors : We are interested by informations, history and photographies of ragtrees in U.K and in Ireland.


BIBLIOGRAPHIE :
Il existe peu de livres sur ce sujet.
 
LES ORATOIRES DE FRANCE DEPUIS LES ORIGINES, Chapitre : Le culte des arbres  pages 277 à 303, par Pierre Irigoin, publié par Connaissance et sauvegarde des Oratoires
En vente à l'association.
 
LE CULTE DE L'ARBRE ET DE LA FORÊT, par Maurice Campron, Société des Antiquaires de Picardie, Tome XLVI, 1936.
 
GUIDE DU SENTIER DES ORATOIRES DANS LA FORÊT DE SAINT GERMAIN-EN-LAYE, Collectif, Ed. Association des Amis de la Forêt de Saint-Germain et de Marly, 2001.
en vente à l'Office du Tourisme.

 
ARTS ET TRADITIONS POPULAIRES,, Oratoires : Niches et Chapelles d'arbres, par E.F. Laugiet et Jean Gavot, Ed. Maisonneuve, Paris, 1969
ALBERI E BOSCHI SACRI NELLA VITA DELL'UOMO, par Calzamiglia & Luciano, Centro Stampa, 2012
ALBERI SACRI, CAPITELLI VOTIVI NELLA TRADIZIONE POPOLARE, par Frigo, Giuseppe Spigariol, Paolo, Vianello Libri, 2003
HISTOIRE DE LA GAULE, par Camille Jullian, 8 volumes, Hachette, 1914.
LA FRANCE MYTHOLOGIQUE,, par Henri Dontenville, , Editions Henri Veyrier, 1980.